Rachat de crédits : une mensualité plus légère se paie en années, et presque toujours en coût total
Un rachat de crédits remplace plusieurs prêts par un seul, plus long : la mensualité baisse, le coût total monte presque toujours. Pour un fonctionnaire comme pour tout emprunteur, il se justifie dans quelques situations, et se révèle un piège ailleurs. Voici le mécanisme chiffré, les règles, tous les coûts et ce qu’il faut essayer avant.
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Le mécanisme : un seul prêt, plus long, pour solder les autres
« Une mensualité plus basse pour l’emprunt d’une somme donnée signifie une durée d’emprunt plus longue et un coût d’emprunt total plus élevé. » (ABE Info Service)
Un nouveau prêt solde les anciens
Le nouveau prêteur rembourse vos crédits en cours. Il ne reste qu’une échéance, un taux et une durée.
La mensualité baisse par la durée
C’est l’allongement, plus que le taux, qui allège l’échéance.
Le coût total monte
Plus d’échéances, donc plus d’intérêts, plus les frais de l’opération.
Exemple chiffré : 328 € de mensualité en moins, 3 012 € d’intérêts en plus
Un agent rembourse trois crédits à la consommation. Les taux sont des hypothèses retenues pour l’illustration : ni des taux constatés, ni des offres.
| Crédit en cours | Capital restant dû | Taux supposé | Mensualité | Reste à payer |
|---|---|---|---|---|
| Prêt personnel, 48 mois restants | 12 000 € | 6 % | 281,82 € | 13 527 € |
| Crédit auto, 36 mois restants | 11 000 € | 5,5 % | 332,15 € | 11 958 € |
| Crédit renouvelable, soldé en 40 mois | 3 000 € | 17 % | 100,00 € | 3 934 € |
| Total | 26 000 € | 713,98 € | 29 419 € |
Les 26 000 € sont regroupés dans un prêt unique à 6,5 % (taux supposé, sous le seuil de l’usure applicable).
| Durée du nouveau prêt | Mensualité | Baisse mensuelle | Total remboursé | Surcoût |
|---|---|---|---|---|
| 60 mois | 508,72 € | 205,26 € | 30 523 € | + 1 104 € |
| 84 mois | 386,09 € | 327,89 € | 32 431 € | + 3 012 € |
| 120 mois | 295,22 € | 418,75 € | 35 427 € | + 6 008 € |
S’y ajoutent au plus 230 € d’indemnités de remboursement anticipé (1 % des 23 000 € de prêts amortissables ; rien sur le renouvelable) et les frais de dossier, de garantie ou d’intermédiaire, non comptés ici.
💡 À retenir : chaque année d’allongement achète une mensualité plus basse au prix de nouveaux intérêts. Demandez toujours le coût total de l’opération, rapproché du reste à payer de vos crédits actuels.
Deux régimes juridiques, selon la part d’immobilier
Les règles applicables dépendent de la composition du regroupement.
| Crédits regroupés | Règles applicables |
|---|---|
| Crédits conso seuls | Crédit à la consommation, quel que soit le montant |
| Crédits immobiliers seuls | Crédit immobilier |
| Mixtes, immobilier d’au moins 60 % du total | Crédit immobilier |
| Mixtes, immobilier sous 60 % | Crédit à la consommation |
| Nouveau prêt garanti par une hypothèque | Crédit immobilier, dans tous les cas |
Exemple : 90 000 € de prêt immobilier et 30 000 € de crédits conso, soit 75 % d’immobilier, relèvent du crédit immobilier. Avec 50 000 € et 40 000 €, l’immobilier ne pèse que 55,6 % : règles du crédit conso, sauf hypothèque.
Ce qui change : en crédit à la consommation, l’offre est maintenue au moins 15 jours et vous pouvez vous rétracter dans les 14 jours calendaires suivant la signature ; en crédit immobilier, vous ne pouvez accepter l’offre qu’après un délai de réflexion de 10 jours. Dans les deux cas, un document recense vos crédits et le nouveau et chiffre le bilan de l’opération, gain ou perte. Les règles du crédit à la consommation sont réformées le 20 novembre 2026 (ordonnance n° 2025-880 du 3 septembre 2025, plafond porté de 75 000 € à 100 000 €) : pour une offre émise autour de cette date, demandez quelles règles s’appliquent.
Tous les coûts, y compris ceux qu’on ne voit pas
| Poste | La règle |
|---|---|
| Frais de dossier | Fixés par le prêteur ; demandez s’ils sont financés par le prêt |
| Indemnités, crédit conso | Aucune si le remboursement anticipé ne dépasse pas 10 000 € sur 12 mois ; au-delà, au plus 1 % du montant remboursé, 0,5 % à moins d’un an du terme ; aucune sur un renouvelable |
| Indemnités, crédit immobilier | Au plus six mois d’intérêts, dans la limite de 3 % du capital restant dû |
| Garantie | Nouvelle caution ou hypothèque pour la part immobilière, mainlevée de l’ancienne |
| Assurance emprunteur | Une nouvelle assurance peut être exigée, à votre âge actuel |
| Intermédiaire | Rien avant le versement effectif des fonds prêtés |
Intermédiaires : deux règles
Un intermédiaire en opérations de banque doit être immatriculé à l’ORIAS (articles L. 519-3-1 et L. 546-1 du Code monétaire et financier) : vérifiez-le sur orias.fr. Pour l’intermédiation, il ne peut rien percevoir, commission ou frais de dossier, avant le versement effectif des fonds ; seul un conseil indépendant, annoncé avant tout engagement, peut être facturé à part. Une demande de paiement avant le déblocage est un signal d’alarme.
Le taux d’usure
Le TAEG du nouveau prêt ne peut dépasser le seuil de l’usure de sa catégorie, soit le taux effectif moyen du trimestre précédent majoré d’un tiers (article L. 314-6 du Code de la consommation). Seuils en vigueur depuis le 1er octobre 2026 (Banque de France) :
| Crédit à la consommation | Seuil | Prêt immobilier | Seuil |
|---|---|---|---|
| Jusqu’à 3 000 € | 23,60 % | Taux fixe, moins de 10 ans | 4,09 % |
| De 3 000 € à 6 000 € | 15,76 % | Taux fixe, 10 à 20 ans | 4,68 % |
| Plus de 6 000 € | 8,56 % | Taux fixe, 20 ans et plus | 5,40 % |
Ce sont des plafonds légaux, pas des prix.
Quand c’est pertinent pour un agent, quand ça ne l’est pas
Fonctionnaires.com explique ; il ne conseille pas et ne vend aucun contrat.
Il peut se justifier
Une chute de revenu qui s’installe. Après trois mois de congé de maladie ordinaire, le traitement passe de 90 % à 50 %, pour neuf mois au plus. Si la baisse est passagère, un report ou une garantie de maintien de salaire peuvent suffire ; si elle se prolonge, alléger la mensualité peut se justifier.
Une séparation. Reprendre seul des crédits communs peut imposer d’alléger les échéances sur un seul revenu.
Des crédits renouvelables accumulés. Le seuil de l’usure atteint 23,60 % pour les crédits jusqu’à 3 000 € : les solder par un prêt amortissable peut réduire le taux, à condition de fermer les réserves.
C’est souvent un piège
Des crédits presque finis. S’il reste un ou deux ans, l’allongement coûte plus qu’il ne soulage.
Financer un nouveau projet en plus. Ajouter de la trésorerie allonge encore la dette, souvent au-delà de la vie du bien financé.
Un réflexe à la première tension. Un mois difficile se règle avec le prêteur ou un budget, pas par sept ans de crédit supplémentaires.
Des réserves laissées ouvertes. Un renouvelable non fermé se reconstitue, et la dette avec.
À essayer avant de racheter
Moins coûteuses, souvent gratuites.
Renégocier
Demandez à votre prêteur un meilleur taux ou un aménagement, par avenant.
Reporter des échéances
Le prêteur peut accepter un report ou une baisse temporaire des mensualités ; il n’y est pas obligé.
Activer vos garanties
Assurance emprunteur (incapacité), maintien de salaire : ce qui couvre déjà la baisse de revenu.
Solliciter l’action sociale
Le service social de votre employeur peut étudier une aide ou un prêt, selon les dispositifs existants.
Un Point conseil budget
Gratuit, il aide à remettre un budget à plat, avec ou sans difficulté avérée.
Juge, Banque de France
Le juge peut accorder un délai de grâce de deux ans au plus (article 1343-5 du Code civil). Si les difficultés sont graves et durables : dossier de surendettement à la Banque de France.
Agent public : ce que le prêteur lit sur votre bulletin
Le prêteur calcule votre taux d’endettement sur des bulletins récents. Le traitement indiciaire, la NBI, l’indemnité de résidence et le supplément familial de traitement sont des éléments stables. Les primes régulières, comme l’IFSE, sont en général retenues ; les primes variables ou annuelles, souvent pondérées.
Un passage à demi-traitement apparaît sur le bulletin (l’indemnité de résidence et le supplément familial restent versés en totalité en congé de maladie ordinaire) : un dossier déposé alors est évalué sur ce revenu réduit. Avant de toucher à vos crédits, vérifiez votre maintien de salaire et les règles du congé maladie ; voir aussi le prêt immobilier.
Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.
Pour approfondir
Un guide spécialisé, du même éditeur, détaille les étapes et les pièces d’un regroupement de crédits.
Le guide du regroupement de crédits →Simulation de rachat de crédits en ligne
Gratuit et sans engagement.
Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.
Questions fréquentes
Un rachat de crédits fait-il baisser le coût de mes crédits ?
Rarement. La mensualité baisse parce que la durée s’allonge ; le coût total augmente presque toujours. Seul un taux nettement plus bas, sur une durée comparable, peut le réduire.
De combien de temps je dispose pour changer d’avis ?
En crédit à la consommation, de 14 jours calendaires après la signature. En crédit immobilier, vous ne pouvez accepter l’offre qu’après un délai de réflexion de 10 jours.
Mon passage à demi-traitement justifie-t-il un rachat ?
Pas forcément. En congé de maladie ordinaire, le demi-traitement dure neuf mois au plus : un report d’échéances, l’assurance emprunteur ou un maintien de salaire peuvent suffire. Le rachat se discute si la baisse dure.
Peut-on regrouper un prêt immobilier avec des crédits conso ?
Oui. Si l’immobilier représente au moins 60 % du total, ou si le prêt est garanti par une hypothèque, les règles du crédit immobilier s’appliquent ; sinon, celles du crédit à la consommation.
Le taux d’un rachat de crédits est-il plafonné ?
Oui, par le seuil de l’usure de sa catégorie : depuis le 1er octobre 2026, 8,56 % pour un crédit à la consommation de plus de 6 000 €, par exemple.
Sources
- ABE Info Service — Regroupement de crédits (régimes, seuil de 60 %).
- Service-public.gouv.fr — Crédit à la consommation : obligations de la banque (vérifié le 1er juillet 2026) ; Comment renégocier ou faire racheter son prêt immobilier ? (vérifié le 16 septembre 2026) ; Crédit à la consommation : que faire en cas de difficultés de remboursement ? ; Congé de maladie du fonctionnaire.
- Banque de France — Taux d’usure – 2026-Q4 (publié le 28 septembre 2026).
- ACPR — Foire aux questions IOBSP ; Assemblée nationale — question écrite n° 11104 et sa réponse (JO du 9 janvier 2024).
- Mes questions d’argent (Banque de France) — Comment réduire ses dettes ?.
- Union européenne — Directive (UE) 2023/2225 relative aux contrats de crédit aux consommateurs.
Dernière mise à jour : 1er octobre 2026. Les taux de l’exemple sont des hypothèses de calcul. Une inexactitude ? Signalez-la.